Au soir du 2 mars 1812, une foule d'environ 200 personnes se dirige vers le quartier de
Vaucelles où se situe le moulin de Montaigu.
Là se déroulent les événements les plus graves de la journée.
Le moulin est mis à sac, les sacs de farine éventrés et pillés, quelques objets volés et -
unique victime de la journée - un cochon aurait été jeté à la rivière.
Quelles sont, à Caen, les forces armées susceptibles d'intervenir dans de telles
circonstances ?
Au moment des incidents, le préfet ne dissimulait pas son inquiétude.
Les autorités " ne parvinrent à réunir que 12 gendarmes dont 9 montés, 113 hommes des
compagnies de réserve dont la moitié se composait de recrues admises depuis huit
jours ; des Gardes d'honneur à cheval et à pied mais en très petit nombre et mal
armés ".
Ni la Garde nationale, ni la Garde d'honneur n'apparaissent le jour de l'émeute.
Dans la matinée du 2 mars, à la halle et sur le chemin de la préfecture, le colonel Guérin
et quelques uns de ses gendarmes parviennent seuls à dissiper les attroupements. L'officier réussit également à dissoudre les attroupements à Vaucelles, aidé " de quelques
hommes de la compagnie de réserve, de dix cuirassiers, seule troupe de ligne existante à
Caen, et des officiers et gendarmes qui vinrent se réunir à lui ".
Le 3 mars à 7 heures, " de fortes patrouilles parcourent la ville ".
La Garde nationale et la Garde d'honneur sont mobilisées, pour en imposer aux séditieux.
Dès le soir de l'événement, " Monsieur le préfet a dépêché un courrier à Cherbourg pour
obtenir de suite une force imposante ".
Le 3 mars 1812, le général de division commandant Cherbourg et la 14ème division
maritime ordonne à 200 fantassins de se rendre à Caen.