Le matin du 2 mars 1812, la population proteste contre le prix élevé du blé à l'intérieur de
la halle aux grains.
" Du travail et du pain ", crie-t-on sous la halle, selon un commissaire de police.
Le préfet Méchin, le maire de Caen, Lentaigne de Logivière, se rendent sur place.
Après une bousculade, ils doivent s'enfuir précipitamment, sous les huées.
Dans une lettre au ministère de la police, le préfet reconnaît avoir commis une
maladresse - " une libéralité intempestive " - en jetant de l'argent aux femmes et
enfants dans la halle.
Si les rapports officiels mentionnent des bousculades et des menaces, aucun ne fait état
de coups portés sur les personnes du maire et du préfet.
Un rapport de gendarmerie dresse un bilan circonstancié des violences du 2 mars au
matin: après les incidents à l'intérieur de la halle, " des pierres furent jetées dans les
croisées " des bureaux de la préfecture.
Les carreaux du préfet semble bien avoir été les seules victimes de cette matinée.